vendredi 25 février 2011

60's Soul: Eddie & Ernie "Lost Friends"



Parmi les duos masculins dont regorgeait cette 60's era, à l'image de Sam & Dave pour les plus représentatifs et qui sont restés dans l'histoire, à l'inverse de beaucoup d'autres, qui ont brillé le temps d'un hit aussi éphémère soient-ils, mais en étant tout aussi brillant. Comme Pic & Bill, ainsi que Sam & Bill ou The Exotics, the Dynamites ou encore The Wallace Brothers... La liste peut-être longue encore! Eddie & Ernie font partie de ces merveilleux duos qui ont été oublié, injustement par l'histoire de la Soul Music? Ils ont été redécouvert par l'illustre Dave Godin avec ses compilations "Deep Soul Treasure" ou encore avec une superbe réédition single sortie chez Daptones, le label de l'incontournable Sharon Jones: avec deux morceaux inédit et unissued avec en prime une très belle pochette 45', ces deux titres avaient été dépoussiéré au préalable par Kent dans ses bonus CD'. Il s'agit de l'excellent "Bullet Don't Have Eyes" et d'une autre version de Dee Clark "In These Very Tender Moment", un chef d'oeuvre de Deep Soul.


Eddie & Ernie, de leur noms complets Edgard William Campbell & Ernie johnson Jnr, sont originaire de Phoenix en Arizona ou ils ont débuté comme beaucoup de leur contemporains aux seins de groupes Gospel et de formations diverses tel que The crusaders, The Heavently Travelers et The Little Worley & The Drops. Puis en duo sous les noms de The Sliding Door ou encore The New Blood, pour devenir enfin Eddie & Ernie. Ce sera vers 1963 qu'ils enregistreront leur premier titre. Mais c'est seulement vers 1964 qu'ils obtiendront leur seul véritable succès R'n'B de leur carrière, qui ne fût pas non plus un méga-hit. Intitulé "Time Waits For No One" qui est sorti sur plusieurs labels différents. le premier sur un petit label local appelé Tomorrow, à New-York, ensuite pour une plus grande diffusion national, sur Eastern, une des divisions de l'excellent label Sue recordings, toujours dans la même ville ou ils enregistreront beaucoup de singles et par la suite, ce disque sera même repressé sur le célèbre label de Chicago Chess. ce morceau est une ballade R&B assez représentative de leur carrière, mais d'un point de vue personnel, la face B de ce single est bien plus intéressante, "That's The Way It Is", de par son style très 60's Go Go, avec son petit thème au piano en introduction et qui se poursuit tout au long du morceau, le duo nous livre ici une bien belle performance vocale. Un très bon single de Soul, simple et très efficace, qui n'a absolument aucune valeur et que l'on peut se procurer aisément.


Toujours pour ce même label Eastern, Ils enregistreront l'année 1965 d'autres singles tout aussi intéressant comme ce chef d'oeuvre de Deep Soul "I'm Going For Myself" compilé par Dave Godin dans les séries "Deep Soul Treasure" que nous avons évoqué et ce sera sûrement leur titre d'anthologie pour certains, mais pour d'autres ce sera dans un registre plus Northern Soul "I Can't Do It", un classique du genre. Que ce soit dans le registre uptempo ou ballade, on peut admirer les qualités vocals du duo. Pour ma part, ce sera un autre single sortit la même année qui retiendra mon attention, une autre ballade Deep Soul que l'on retrouve en face B d'un titre appelé "Turn here" qui est sortit deux fois avec deux face B différente comme ce sublime "I'm A Young Man" avec sa guitare envoûtante, d'ailleurs jouée par Eddie Campbell lui même et sa réverbe au son incroyable, dont on ne se lasse pas. "The Cat", est l'autre face B de ce "Turn Here", un morceau dans un style qui pourrait se rapprocher de ceux produit alors à Chicago, façon Major Lance ou Billy Butler... Qui n'est d'ailleurs pas dépourvu de charmes. Avec une petite précision, il existe aussi sur l'autre face de "Im Going For Myself" pour le côté anorak et collectionneur.


Mais le single qui retiendra toute mon attention est sorti sur le label Columbia uniquement en pressage promotionnel (pressage destiné aux dj de radio seulement), cette major ne l'a même pas sorti en single officiel et il s'appelle "Dogone It", un titre de R'n'B très puissant (Stomper) qui ne sera pas pour déplaire aux aficionados de R'n'B Northern, de par sa son orchestration puissante et sophistiquée et plus particulièrement sa section cuivres qui est impressionnante, avec un vocal toujours à la perfection auquel le duo nous a habitué, des arrangements signé du célèbres producteur et arrangeur Northern Soul Robert Banks aka Mr "Mighty Good Way". Quand à son autre face, une fois de plus, elle est toujours aussi somptueuse dans son registre ballade Deep Soul, voire Beat Ballad, la frontière est mince parfois, intitulée "Falling Tears (Indian Drums)" et apparemment ce fût un des morceaux que le duo considérait comme leur plus belle réussite. Il est vrai que dès que l'on écoute cette chanson, on peut aisément affirmer que l'on se trouve en parfait accord avec eux. Un titre de toute beauté et d'une grâce absolu! Mais malheureusement pas d'écoute pour ce titre...


Parmi leur morceaux les plus rares et les plus recherchés par les collectionneurs de Rare Soul, "Indication" n'est malheureusement pas sorti aux Us de son temps, mais ce morceau existe sur un pressage de l'excellent label Outre-Manche qui fût très important d'un point de vue historique, grâce a son catalogue exceptionnel, il s'agit de l'excellent Jay Boy Uk, un label souvent snobé et considéré comme vulgaire represse, mais qui qui a sûrement contribué à faire découvrir d'incroyables morceaux Northern Soul durant les 70's aux même titre que Grapevine Uk. Et rappelons le, certains de ces morceaux n'étaient jamais sorti auparavant en Angleterre en format single. De nos jours ce disque peut atteindre des prix relativement élevés depuis qu'il a été compilé par le label kent "Classiest Rarities Vol.3".


Comme beaucoup de leur contemporains, ils poursuivront leur parcours jusque dans le début des 70's, avant de mettre un terme à leur carrière prolifique, faute de succès dans cette période intéressante, appelée Crossover, avec des enregistrements pour d'autres labels tout aussi intéressant, tel que Buddah ou Revue, avec de bien belles réussites à l'image de "Hidding In Shadows"/"Standing At The Crosroads" en 1971. Si vous vous intéressez à ce duo, le label Kent a également sortit une compile CD' retraçant leur parcours avec tous ces morceaux évoqués dans cette chronique, intitulée Eddie & Ernie "Lost Friends" CDKENT 214.

Par Early Sounds

dimanche 20 février 2011

Spiritual Jazz: Bajka "I Can No Poet Be"


Musicienne, poète et auteur compositeur, Bajka (Biker) est une charmante dame, née en Inde de parents Allemand, sa vie est rythmée par de nombreux voyages qui l'emmènent de l'Afghanistan à l'Afrique du Sud en passant par le Népal. Elle étudie les arts, notament la musique à Goa, Bangalore, Lagos, Lisbonne, Seattle, Durban, Captown, pour terminer ce voyage éducatif à Prague! Actuellement elle est installée à Berlin.

Elle est la fille de J. Pluwatsh, un membres du "German Krautrock Band Ambryo" (groupe de Jazz-rock Allemand des année 70')! sa rélation intime avec la culture asiatique, reste le thème principale de son travail musicale. Certain compare sa voix a une certaine Billie Holiday? Pourquoi pas!!! Sa voix est profonde et sensuel. Elle reste avant tout une poète, elle travail la majeur partie du temps en solo, mais elle a quand même participé a des projets d'autres artistes, comme "Bonobo" (album "Days To Come) et "Citoyen Radio", mais aussi "Transglobale underground", "Instractive Traveller" et "South African Zulu". Elle a posé sa voix avec "Noujum Oazza", "Urban Devish" et l'Orchestre Royal du Maroc!

Le maxi vinyle "I Can No Poet Be" a été signé en 2006, sur le label Anglais JAZZMAN Records, habitué et connu pour la réédition de morceaux rares et obscures, voir innacessible de Soul Music, Latin, Jazz et surtout Funk. Il nous propose ici une délicieuse galette de Spiritual Jazz! A écouter les yeux fermés.


"I Can No Poet Be", le morceaux commence Free Jazz! Une clarinette accompagné d'une légère percussion donne une saveur balkano-orientale a cette douce introduction. le morceaux démarre vraiment avec l'arrivée des autres éléments percussifs, une ambiance Spirituel commence à se dégager dès ses premières notes! Renforcé avec l'arrivée de douces mélodies reprise par un piano et des cuivres. Et quand Bajka pose sa délicieuse voix, une dimension Pop vient se marier a ce doux melting-pot très planant. La structure musicale de "I Can No Poet Be" est complexe de par la voix qui est très sophistiquée! mais ça reste accessible a toute bonne oreilles, surtout épicurienne! On assiste ou on participe ici a un beau voyage rempli de spiritualité, mais aussi d'emprunt de Musique Populaire! Au bout des onze minutes onze, l'atterrissage est très nostalgique.
La face B, "Love Serenity" est a classé dans le même genre musicale, avec une rythmique beaucoup plus présente. La basse est mis en avant sur ce titre, et nous apporte un Groove profond! Une voix introduit le morceaux pendant quelque secondes, avant de laisser place a une dimension totalement instrumentale. On écoute ici un véritable morceaux de Transe Jazzy, la dynamique est très enivrante, les instruments mélodiques se boivent comme un doux breuvage d'une substance spiritueuse, avant de se conclure en toute simplicité! Quelle belle réussite, on a du mal a atterrir.

Saluons ici le travail de recherche du label JAZZMAN Records! Ce maxi-vinyle est d'une très grande qualité! quel beau travail! on en redemande. Bravo JAZZMAN, bravo BAJKA.

Par Mr Carlitos.


http://www.myspace.com/bajkamusic
http://www.jazzmanrecords.co.uk/v2/default.asp

mardi 15 février 2011

Northern Soul: Inez Foxx "I See You My Love"

Inez & Charlie Foxx, c'est un duo de légende, originaire de la Caroline du Nord, à Greensboro, que l'on pourrais rapprocher pour faire une comparaison un peu simpliste d'un autre composé aussi en masculin/féminin bien plus célèbre encore, auquel il serait difficile de ne pas faire allusion: il s'agit bien évidemment des incontournables Ike & Tina Turner, mais à la différence qu'ils étaient frère et soeur, à l'inverse de Ike & Tina qui eux étaient mariés à la même époque. Un autre point commun, c'est qu'ils ont enregistré pour le même label Sue Recordings aussi à la même période. Passons outre, pour revenir à nos premier protagoniste.

Ils sont essentiellement connus pour leur hit R'n'B "Mockinbird" enregistré en 1963 pour le label Sue recordings, leur plus grand succès de l'époque, qui s'est hissé #2 dans les charts R'n'B et #10 dans les charts Pop et disons le, ce morceau peut-être considéré parmi les grands standards de la musique américaine des années 60', un morceau qui a dû faire fureur dans les jukebox d'antant. Mais à l'inverse de bien d'autres artistes ils obtiendront encore quelques hits tel que "Ask Me", "Hurt By Love" et "1-2-3-4-5-6-7 (Count The Days)". Voilà ce que l'on peut dire pour présenter et résumer ce duo qui enregistra essentielement pour Sue Recordings et Symbol dont ils étaient une des figures de proue de ce tout grand label, puis ils poursuivront leur carrière chez Musicor et sa division Dynamo dirigée par l'éminent Luther Dixon.


Ce duo était renommé pour ses performances scéniques et c'est lors de tournées internationales en Europe qu'ils se produiront dans divers club du nord de l'Angleterre et ou ils se populariseront dès le milieu des années 60' parmi la scène Mods pour devenir des icônes R'n'B, plus particulièrement au club appelé le Twisted Wheel avec l'émergence de la scène Northern Soul avec des titres tel que "La De Da I Love You" qui apparaissent dès les premières playlists de ce Club de Manchester, puis viendront s'ajouter d'autres titres oubliés par les hits parades US comme le légendaire anthem "Tightrope", c'est le genre de morceaux caractéristique et représentatif du style apprécié alors, que l'on découvre souvent au début en s'intéressant à cette culture, ou plutôt dirais-je cette sous culture. Il est sortit sur le label dynamo en 1968 et sur Pye International pour le pressage UK. Une production signée par l'incontournable producteur et parolier New-Yorkais Luther Dixon (Wand, Scepter, Dynamo...) avec qui Inez Foxx se mariera plus tard et ensemble ils relanceront la carrière du groupe mythique des ballades Doo-Woop 50's des Platters sur Musicor.


Après cette période prolifique, le duo se séparera, Charlie Fox se lancera dans la production d'artistes et Inez Foxx poursuivra sa carrière solo avec de bien belles réussites encore. Elle continuera jusque dans le début des 70's mais cette fois-ci du coter de Memphis ou elle enregistrera un album appeler "Inez At Memphis" pour le label Volt, la division du célèbre Stax.


Parmi les morceaux que j'affectionne particulièrement du duo, on peut citer le classique "No Stranger To Love", toujours chez Musicor et sur Stateside Uk, un titre plutôt atmosphérique et mid tempo d'une très belle intensité et doté d'une excellente performance vocale de Inez Foxx, ce single fût très apprécié à l'époque du Wigan Casino, le club mythique des 70's.

Mais la surprise provient surtout d'un autre single, connu? Découvert depuis peu, sortit sur le label Symbol et produit par Juggy Production: "I See You My Love", encore un mid tempo que l'on peut aisément qualifier de Beat Ballad, (un genre à part entière dont certains titre sont devenu de grand Ender légendaire des All Nighters sur la scène Northern Soul) que je trouve d'une réussite sans précédent et d'une beauté incroyable, ce titre vous saisit et vous emporte instantanément dès les premières mesures de par son orchestration subtile et raffinée avec ses cordes et son atmosphère envoûtante, voire angélique avec ses choeurs féminins pour le final. Le chant d'Inez Foxx sur cette chanson est tout en retenu, sur un ton dramatique et d'une perfection absolu. Il s'agit bien là d'un petit bijou face auquel nous nous trouvons et qui n'a absolument aucune valeur, mise à part sa qualité; Que demandez de plus.

Par Early Sounds


lundi 14 février 2011

Northern Soul: Mamie P. Galore "You Got The Power"






Mamie P. Galore de son vrai nom Mamie Davis In Erwin est une chanteuse originaire du Delta, au Mississippi, haut lieu Oh combien prolifiques en matière de Blues et de Rhythm'n Blues dont ils seraient difficile de faire le tour et l'éloge en quelques lignes. Elle commença sa carrière comme beaucoup de ses contemporaines afro américaine dans les églises et à l'école et ce sera dès 1958 quelle débutera au sein de la formation emmenée par Herman Scott & The Swinging Kings, puis elle tournera aussi pour la revue de Ike & Tina Turner. Mais ce sera surtout la rencontre avec Little Milton, le chanteur et producteur de Chicago qui sera décisive entre 1962 et 65' ou elle tournera beaucoup avec lui également et l'emmènera vers cette ville en pleine essor musicale ou elle réalisera ses singles les plus incontournables devenus des classiques de cette Soul si caractéristique de Chicago.

Son premier single fût signé pour l'excellent label St Lawrence au catalogue exceptionnel à qui l'on doit des artistes non moins prestigieux tel que The Vontastics ou Johnny Sayle, Chuck Bernard ou encore Butch Baker, avec le producteur et arrangeur Monk Higgins, figure incontournable du son de cette ville. Ce single appelé "Special Agent 34-24-38" ou vous l'aurez sûrement deviné, est un morceau basé sur le thème de l'agent secret, thématique très populaire durant cette 60's era inspirée du cinéma par le célèbre James Bond et du contexte historique que vivait les Etat-Unis à cette époque. Entre autre ce morceau est musicalement construit sur la ligne de basse du "Peter Gunn". Mais le succès viendra essentiellement avec "It Ain't Necessary" sortit en 1966, toujours pour ce même label. Un morceau un peu Motownesque dans son style et ses choeurs, quoi que plus Funky peut-être dû aux racines sudistes de Mamie Galore. Ce titre est devenu un classique intemporel Northern Soul et le morceau culte de la chanteuse, dont on ne lassera jamais. On peut citer aussi "Too Many Memories" pour le même label qui s'inscrit aussi dans la même veine.


D'ailleurs on trouve des traces de ses apparitions télévisées pour ces deux chansons citées, qui nous permettent de se rendre compte combien cette chanteuse était une grande performeuse tout en étant pas la plus glamour de l'histoire de la Soul music... Elle poursuivra sa carrière en enregistrant pour le label Imperial à Los Angeles, puis avec des duos aux coter de Dee Irwin jusqu'en 1969 et elle continuera à tourner jusqu'en 1972 avant de retourner au Mississippi. Voilà pour résumer la courte carrière discographique de cette chanteuse hors pair qui brilla le temps de quelques hits éphémères et qui s'est éteinte en 2001.

Pour le coter collectionneur et Anorak on peut citer "No Right To Cry" sorti sur le petit label Sack en 1967 qui est son morceau le plus rare de sa discographie ou les collectionneurs de Northern Soul peuvent aller jusqu'à 1000 dollars pour ce single.

Mais l'objet de cette chronique est surtout la découverte récente d'un petit single sortit sur le label Thomas toujours à Chicago, apparemment une division du groupe Chess, ou la figure de proue n'est autre que l'excellent chanteur Cash McCall. Il s'agit de "You Got The Power", un morceau que l'on peut aisément qualifier de Rhythm'n'Soul tout simplement somptueux; notamment dû à l'orchestration puissante de Monk Higgins & Burgess Gardner, et oui encore lui, mais c'est surtout le chant qui est à la perfection, avec beaucoup d'intensité d'émotion et de force dans la voix de Mamie Galore qui est pour moi son meilleur, une bien belle découverte et dont je ne suis pas près de me lasser! D'autant plus qu'il n'est pas son titre le plus connu, sans être obscure non plus et qu'il est facile à se procurer une copie pour pas grand choses. A découvrir si vous ne le connaissez pas et à réécouter à nouveau si vous le connaissiez déjà.

Par Early Sounds









jeudi 6 janvier 2011

World funk : The Païkan & the Sadhus - Dancefloor Fight

A la première écoute de cet EP édité chez Jazzman Records, on se dit que le label anglais nous a dégoté une fois de plus un groupe indien ou pakistanais oublié des années 70. Il n'en est rien, puisque derrière ce projet contemporain (date de sortie original 2009), il y a Païkan, DJ, producteur et poly-instrumentiste (joueur de Sitar notamment) français entouré de musiciens du cru toulousain avec notamment Aldo Guinart au saxophone, Djemz O à la guitare et Prince Mamba aux déclamations.

Païkan et ses acolytes nous propose un savant mélange de funk, de psychédélisme d'afro de musique indienne.

Cet Ep commence avec le titre "Dancefloor Fight", un hymne très clairement destiné à la danse et qui est calibré pour les Battles de breakdance. Ce morceau comporte une ligne de basse lourde, et une batterie qui impose un groove imparable. Pour asseoir cette solide base musicale et rythmique le sitar, puis le clavier et en fin le saxophone enchaine tour à tour des solis. Pour couronner le tout, on assiste même à la fin dans une tradition jazz à des 4/4 entre le saxophones et le sitar (un question réponse entre les deux instruments, l'un joue 4 mesures de solo puis passe le relai à l'autre).
Un morceau entêtant, envoutant et surtout très efficace.

Le deuxième morceau de ce maxi, "Afro on the rocks" est très influencé Afro comme son titre le laisse présager. Plus de Sitar mais un groove imparable, et un son qui peut nous faire penser aux groupes Nigérians de rock Psychédélique des années 70 ( voir les compilations du labels Soundway sur la question qui présentent un panorama exhaustif de cette période). Comme sur le premier morceau un belle place est laissé aux solos, d'Aldo Guinart (saxophone) dans un premier temps et de Djemz O (guitare) par la suite.

Le dernier morceau "Detective Pandit Rey", on redescends en intensité, le morceau est plus planant et vaporeux, un atterrissage en douceur avec le retour du sitar.

Cet EP à la fois intense (un son lourd et puissant avec une base rythmique solide) et très original, nous propose un voyage entre l'Afrique, l'Asie, le rock, le funk, la musique indienne. Il n'est pas étonnant que ce projet très intéressant ai tapé dans l'oreille du label Jazzman Records. Dans l'attente d'un album, qui est à priori en préparation, un 45 tours est sorti en 2010 sur le label Mocambo.

Par Deejay Ango

Malheuresement pas de vidéos, cliquez sur les liens pour écouter les morceaux (il y a une inversion sur Deezer entre Afro on the Rocks et Detective Pandit Rey).

Dancefloor Fight
Afro on the Rocks
Detective Pandit Rey

lundi 3 janvier 2011

Vintage Electro: Venus Gang (Jean Pierre Massiera) "Galactic Soul"

Derrière le projet Venus Gang, se cache en fait le compositeur français, jean Pierre Massiera. Né a Nice le 10 juillet 1941, ce grand voyageur quitte la France dès l'age de 7 ans, pour l'Argentine. Il revient au pays à l'age de 14 ans! Ce guitariste de formation commence sa carrière de musicien à 20 ans.

Il accompagne Claude François, mais joue aussi dans son propre groupe: "Les Milords", rebaptisé quelques année plus tard "Les Monégasques". Avec cette formation il tourne au coté de Michel Torr, Jean Ferrat....Par la suite il crée son propre studio d'enregistrement, dans sa ville natale de Nice, ainsi qu'un label: S.E.M.

Il quitte à nouveau la France à la fin des années 60, pour le Canada, où il va rencontrer Tony Roman. Cette rencontre essentielle lui permettra de produire ces plus belles compositions. Véritable "expérimenteur", son studio est un laboratoire de recherche sonore, où il mélange différents styles de musiques.

C'est en 1978 que parait "Galactic Soul". En 2009 le label Canadien "Mucho Gusto" décide de rééditer ce véritable O.M.N.I (objet musical non identifié), le design du disque en dit long sur l'esprit imaginatif du personnage. On voyage à travers le Vintage et le Psychédélisme.

Dès le premier titre, "Cosmic Daddy", le ton est donné! Ça sonne clairement Vintage et Disco. Quel délice pour les oreilles d'entendre ces vieux synthétiseur, nous délivrer des pures sons analogiques, sans artifices numériques. Ce premier morceau nous invite à la danse! Le vaisseau spatial "Venus Gang" nous emmène à travers une belle galaxie musicale.

"Space inferno" est clairement orienté Funk! La rythmique est taillé pour le "dancefloor", la basse est très entrainante et le tout, parachevé par une voie filtré à travers un "vocoder"! Jean Pierre Massiera dans la peau d'un Herbie Hancock, poussé dans ses retranchement analogique.

La troisième piste, "Take me back to my planet", commence comme une douce balade spatiale. Un slow pour cosmonaute en manque d'affection! C'est très doux et légèrement rythmé, ce titre et habillement construit, il y a même un solo de guitare très héroïque, c'est vraiment magnifique.

"Telstar" nous ramène doucement au cœur du "dancefloor", sa sonne un peut "kitch"! mais sa reste agréable à écouter, voir à danser!

"Love to fly"!!! Ce titre est terriblement Funky, voir Garage! c'est vraiment une belle surprise. Un morceau fait pour les plus grand club de la planète(Terre). La guitare est Funk, la batterie tient la dynamique du morceau, et la basse? Un appel pour la piste de danse! Jean Pierre Massiera tape très fort ici.

"Dies Irae" nous propose encore une foie une ballade, mais plus Disco. Le morceau est emmené par un bel équilibre entre sonorités acoustiques et analogiques! Le son produit par le synthétiseur basse, est très proche des sonorités "Acide" chères aux années 90, une voix "vocodée" apporte encore une fois une touche légèrement "kitsch".

"Evil Times" vient conclure le disque. Ce morceau commence par une douce nappe de synthétiseur, peut être un atterrissage sur une planète, aux confins du système solaire? Par la suite le morceau part dans un sacré délire! Serait-il improvisé? Le final se termine en coupure net.

Ce "Galactic Soul" est essai surprenant! On voyage à travers l'univers sonore de Jean Pierre Massiera. A la fois Funky, Expérimentale, et c'est vrai un peut kitsch parfois! Mais bon, le résultat est très intéressant. Soulignons le travail de "Mucho Gusto" d'avoir réédité cette belle curiosité sonore.

Par Mr Carlitos

http://www.muchogustorecords.com/





dimanche 2 janvier 2011

Experimental Groove: Moody aka Moodymann "Old Dirty Vinyle"

Kenny Dixon jr alias Moodymann, se pose comme l'un dernier représentant du Black Power, toujours resté fidèle à ses convictions idéologiques et musicales. A savoir une House Music où l'électronique rencontre des échos de Jazz, de Soul et de Gospel, sur fond d'un héritage transmis par sont grand père qui était pianiste de Jazz.

Originaire de Détroit, comme ses deux label: KDJ et Mahogani, il fait partie de ces producteurs capables de faire revivre les plus belles années du son de la Motor City (Motown, Tribes....). La musique de Moodyman se définit comme une plainte sensuelle voir sexuelle, le son est sale, voir brutal mais tellement enivrant.

Sortit en 2010, "Old Dirty Vinyle" est la dernière production de Moodymann, c'est un mini-album qui regroupe cinq titres. Dès la première piste, "Old Dirty Vinyle", on retrouve le style et la marque de fabrique du monsieur. C'est "Dirty", ce titre a été enregistré dans une chambre d'hôtel de Vienne en Autriche. Dès le début le son est sale, des crépitements viennent nous chatouiller l'oreille, comme si le vinyle était rayer! le Groove est bien-sur très présent, Moodymann joue avec tous les éléments qui construisent ce titre, il alterne les phrases de claviers, de synthétiseurs et de basses et balance un délicieux sample d'une voix Soul très profonde.

Pour le deuxième titre, "We Don't Care!" Un jazz acoustique et très minimal nous est offert; contrebasse, piano, batterie, saxophone se mélange à merveille avec la voix suave de Moodymann, qui nous offre ici une belle partie de Slam.

"No Feed Back" est aussi un morceau vocal, le tempo est plus élevé, c'est une sorte d' Abstract Groove, avec toujours ces quelques notes de piano qui nous rappellent que la base sonore du disque reste le Jazz.

La face B. du disque commence avec le titre "It's 2 Lake 4 U And Me", avec son introduction qui nous plonge dans un revival Acide House, avant de partir dans une ambiance beaucoup plus Deep, mais toujours emmené par un rythme toujours aussi efficace. "Amp Fiddler" pose en featuring quelque notes de fender rhodes et de basse, une douce voix féminine glisse en douceur sur la mélodie. A travers l'ensemble du morceau, on a un savant mélange d'acoustique et d'électronique, le tout emmené par un beat très Funky.

"The Hacker" vient conclure le disque de façon surprenante! on est dans de l'electronica! Un morceau digne du label anglais, Warp! Ici l'ambiance est vraiment étrange.

"Old Dirty Vinyle" est un disque vraiment éclectique! on navigue entre Jazz, Acide House, Electronica et Deep House, mais de façon toujours très homogène, grâce au savoir-faire de Moodymann. Comme toute les productions du monsieur, cet objet est très limité en copie, donc a acheter très rapidement.

Par Mr Carlitos.


http://www.myspace.com/moodymann313



Northern Soul: The C.O.D.'s "Pretty Baby"/"I'm A Good Guy"




Voici encore une petite chronique sur un très bon single double face facile à se procurer. Il s'agit du groupe de Chicago appelé The C.O.D.'s composé de Larry Brownlee, lead vocal et auteur compositeur, Robert Lewis et Carl Washington. Ce trio qui eût son petit succès en 1965 et ce sera d'ailleurs le seul, 41eme au Bilboard, pour ce premier single appelé "Michael (The Lover)", un titre plutôt festif dans un style finger clapping qui sera plus tard repris par les Mad Lads et même par les Jackson Five, mais qui ne sera pas réalisé. Personnellement je préfère la face B. de ce disque, appelée "Cry No More", une très belle ballade dotée d'une très belle orchestration très urbaine. Ce single est sorti sur le petit label Kellmac de Chicago, dont sa distribution était réalisée par un autre grand label de la même ville appelé One-Derful.

Ce groupe a sortit cinq singles sur ce même label dont ce magnifique "Pretty Baby" un mid tempo plutôt atmosphérique, envoûtant et très Soulful; J'apprécie particulièrement les harmonies vocales de ce groupe, avec un très beau solo de saxophone au milieu du morceau. Une production signée Paul Bascomb & Orchestre. Quand à son autre face, "I'm A Good Guy" qui, dans un registre beaucoup plus dancer est fort sympathique pour sa bonne humeur et son côté 60's. Un morceau très entraînant, voir amusant.

Leurs autres disques s'inscrivent toujours dans cette même veine comme le très rare "Come Back Girl" ou "I'm Looking Out For Me"/"I'll Come Running Back To You", mais en vain, le groupe se séparera faute de succès dont ils ne renoueront jamais, puis le label coulera aussi. On retrouve Larry Brownlee dans les 70's au sein d'autres formations appelée The Lost Generation sur le label Brunswick de 1970' à 74'. Puis il chantera dans le groupe du nom de Mystique, sur le label culte de Chicago fondé par Curtis Mayfield: Curtom jusqu'en 1978 où sa carrière s'arrêtera brutalement suite à un assassinat.

Par Early Sounds







vendredi 31 décembre 2010

Northern Soul: The Remarkables "Easily Mislead"




Parmi les disques qui n'avaient absolument aucune valeur, genre cinq dollars il y a quelques temps et dont le prix a augmenté, sans être excessif non plus, depuis peu chez les grand vendeurs spécialisés NS Outre-Manche, on trouve ce magnifique single double faces crédité et chanté par Frank Wilson. Celui-ci est sorti sur le label Audio Arts! à Los Angeles, villes hautement productive par la diversité de ses labels et de ses grandes compagnies dont cette ville regorgeait, sans oublier ses producteurs de génie, dans cet univers de la Northern Soul. Audio Arts! figure parmi ceux ci et c'est un petit label distribué par le groupe Bell, Amy, Mala records à New-York.


En l'occurrence, ce groupe est appelé The Remarkables feat: Frank Wilson et Vance Wilson. Pour Franck Wilson, je ne suis pas certain qu'il s'agisse du même chanteur et producteur légendaire de chez Motown, Mr "Do I Love You", car il est difficile de trouver des info précises et détaillées. Peut-être s'agit-il de ses débuts? En tout cas Vance Wilson a lui même sorti d'autres singles pour le label Revue, en Californie, sous le pseudonyme de Frankie Vance comme "Do You Hear Me Baby" en 1969. Par ailleurs on retrouve des morceaux écrit pour Barbara Randolph comme "It's Not Necessarry" et "Why Did You Runnaway", ou encore de Marvin Gaye & Tammi Terrell "Oh How I Miss You" chez Motown crédité à ce duo d'auteurs producteurs et compositeurs.



Pour en revenir à ce single chroniqué, il s'agit bien là d'une petite merveille, qui n'eût sûrement aucun succès à sa sortie en 1965, comme cette face B "Easily Mislead", un morceau mid tempo dancer avec de très bon choeurs féminin et une orchestration exceptionnelle, un titre très Northern Soul subtile et raffiné, plutôt aéré. J'aime particulièrement le passage avec la reprise au piano, où viennent s'ajouter les cuivres, jusqu'au retour des choeurs pour créer un final parfait.


Quand à son autre face qui est tout aussi excellente "Is The Feeling Still There", un titre plutôt solide de Northern Soul, plus traditionnel et très caractéristique du label comme d'autres productions telles que celles des Incredibles ou de Cassietta George. Ce morceau avait déja été compilé sur Golmine dans "The Northern Soul Of L.A." A noter que ce groupe a également sorti un autre single pour ce même label appelé "I Can't Give Up On Losing You", qui est tout aussi intéressant et dans un registre plus dansant. Un label à découvrir!


Par Early Sounds






lundi 27 décembre 2010

Northern Soul: Yvonne Baker "Mend The Torn Pieces"



Lorsque l'on est amateur de sonorités anciennes comme la Soul et plus particulièrement la Northern Soul, féru de disques originaux en format 45 rpm, parfois le prix de certains singles, peu freiner ou alors il oblige à chercher d'autres titres plus abordables voir moins connus des grandes playlists, ou dans un autre cas il faut se procurer le morceau en question sur une compilation ou une réédition single, si elle existe.

Tout ceci pour vous parler d'un single très intéressant, découvert récemment, de Yvonne Baker, la chanteuse du groupe Doo Woop The Sensations, dont cette formation ou plutôt ce quartet, changea au cours des époques. Ce groupe originaire de Philadelphie, en Pennsylvanie, ont enregistré pour des labels tel que Atco en 1954 avec un succès relatif entre 1955' et 56' avant de se séparer. Ce sera seulement dès 1961' que leur manager leur proposeront de se reformer car l'époque était propice à ce type de groupe. Mais en signant cette fois ci pour le label Argo, une division du groupe Chess à Chicago, ou ils obtiendront le plus de hits de leur carrière au début des années 60' avec "Music, Music, Music", "Let Me In" et "That's My Desire". Puis ce sera pour les labels Cameo Parkway et Junior qu'ils poursuivront leur chemin, sur d'autres labels comme Tollie, Jamie ou encore Modern à Los Angeles avec l'excellent "My Baby Needs Me".

Parler de Yvonne Baker, cette chanteuse culte sur la scène Northern Soul, sans évoquer son titre "You Didn't Say A Word", serait un oubli impardonnable! Tant ce morceau est incontournable. On le trouve sur le label Cameo Parkway. Aussi magnifique que inaccessible, surtout de nos jours, dans son pressage d'origine, mais il est très facile de se procurer une réédition pour ce morceau légendaire et inoubliable, popularisé dans les 70's à l'époque du club appelé le Wigan Casino dans le nord de l'Angleterre. Pour l'anecdote, ce morceau fait partie d'une scène et de la B.O. du film "Soul Boy" sortit récemment dans les salles Outre-Manche qui retrace la période ou cette jeunesse Anglaise venant de la classe moyenne, s'intéressait alors à cette musique Afro Américaine restée jusqu'alors inconnu.

Quand à ses autres chansons, peut-être moins spectaculaires, comme cet excellent single double faces: "Mend The Torn Pieces" et "I Can't Change" sortit sur le label Junior de Philadelphie, Deux morceaux absolument remarquables, qui ont été écrit, produit et arrangé? (Car le crédit de production sur le label est atribué à Kae Williams). Par les incontournables Mike Terry et Jack Ashford (The Funk Brothers), la légendaire Detroit Team: Pied Piper production, dont nous avions déjà parler précédemment, dirigée par la productrice et chanteuse Lorraine Chandler, qui a également chanté "I Can't Change" sur le label RCA, qui est aussi une énorme pièce de Northern Soul. Quand à la version par Yvonne Baker, qui est très intéressante aussi, mais peut être moins dynamique au première abord, possède une bonne ligne de basse très en avant, de très bon chœur qui soutiennent le tout et un sax break final de toute beauté, peut-être joué par Mike Terry lui même; En bref une excellente version. Quand à son autre face, dans un registre beaucoup plus mid tempo, "Mend The Torn Pieces" qui à aussi été chanté par Lorraine Chandler, hasard ou coïncidence? mais qui par contre n'est pas sorti de son temps en single et a été découvert seulement en 1997 sur une compilation Kent appelée "Rare Collectable And Soulful Vol. 1" CDKENT 141. Ce délicieux morceau tout en finesse et légèreté, vous transporte par son chant féminin qui est à la perfection, l'orchestration est plutôt atmosphérique et envoûtante, une très belle réussite, ou l'on croit reconnaitre aisément la patte de ses arrangeurs.

Pour en revenir aux côté collectionneur et pour conclure cette chronique, ce single a été pressé deux fois durant les années 60', une première fois crédité à The Sensations with Yvonne Baker en 1966' sur le label Junior, numéro de catalogue 1010 et ce single à son petit prix... Et le deuxième pressage date de 1967' toujours sur le même label, mais le crédit est attribué à Yvonne Baker & The Sensations, dont le numéro de catalogue du label est 1071, dont cet éditions n'a aucune valeur pour notre plus grand plaisir. A vous de choisir si vous écoutez ou si vous collectionnez un numéro. Une démarche qui peut se comprendre aussi.

Par Early Sounds





jeudi 9 décembre 2010

Northern Soul: The Precisions "The Complete Sidra/Drew Recordings 1966-68"

Il existe une profusion de groupes remarquables qui émergèrent et que l'Amérique a pu produire durant cette 60's era, dont on imagine jamais assez la quantité. Plus précisément dans la ville de Detroit dans le Michigan, appelée Motor City, pour son industrie automobile, ville prolifique pour ses clubs R'n'B et de Jazz depuis les 50's, où les formations et chanteurs apparaissaient un jour, le temps d'un single, aussi éphémère soit-il et disparaissaient tout aussi vite le lendemain. Le groupe appelé The Precisions, qui n'aura pas bénéficié de la même mise en lumière que ceux produit par Berry Gordy comme The Temptations ou encore The Four Tops, chez Motown, ont réalisé un parcours remarquable, mais sans succès populaire ou de grand hits majeur, qui leur auraient permis de poursuivre une longue carrière à l'image de leurs contemporains. Toute leur discographie est remarquable, intéressante et de qualité. De par leurs producteurs et arrangeurs, leurs musiciens qui ne sont pas crédités, mais où il ne fait aucun doute qu'il s'agit de la formation la plus underground et productive de cette époque, restée dans l'ombre du géant à Hitsville, appelée The Funk Brothers.

Ce groupe, celui de Detroit, (car beaucoup d'autres se sont appelés du même nom à la même époque, on en retrouve à New-York, Philadelphie & Boston, mais ils n'ont absolument rien à voir avec cette formation constituée de Arthur Ashford, Michael Morgan, Billy Prince & Dennis Gilmore), a débuté sa carrière sur le label D-Town, un des nombreux label du producteur énigmatique mais non moins charismatique appelé Mike Hanks dont on peut citer les prestigieux labels Mah, Wheelsville, Premium Stuff & Wee-3 aussi, ou l'on aimerait, si cela était possible, obtenir tout les numéros de ses catalogues de labels, un parcours absolument sans fautes pour ce producteur de génie. Ils réaliseront deux singles uniquement, intitulé: "Mexican Love Song" et le très rare mais non moins sublime "I Wanna Tell My Baby" listé à 1500 Livre Sterling, car très peu de copies existent malheureusement.

Ensuite, entre 1966 et 68, ce sera pour le producteur George McGregor qu'ils enregistreront sur le label Drew, une division de Sidra records, cinq singles absolument fantastiques et incontournable . Car ces morceaux ont bénéficié d'arrangements exceptionnels du légendaire Dale Waren et du jeune Mike Terry où l'ont retrouve toute la magie et le groove du son si caractéristique de Detroit. Ce premier single "Such Misery", qui est devenu culte sur la scène Northern Soul, de par son instrumentation avec sa ligne de basse et ses petites notes de guitare, est remarquable pour sa construction progressive et envoûtante, relativement lente et qui vous emporte avec ses envolées lyriques. Ils existent une autre version unissued par Timmy Willis, un autre chanteur du label Sidra (Mr Soul Satisfaction). On peut citer aussi un autre disque plus mystérieux encore basé sur le même instrumental, appelé Stemmons Express "Woman Love Thief" sorti sur le petit label Karma, puis en édition nationale sur Wand.


Leur second single "What I Want" est un mid tempo d'une réussite sans précédent, pour son introduction aux violons et son atmosphère pesante, tout en retenu, par la suite le morceau prend forme et vous transporte comme par magie dont ce groupe avait le secret. un chef d'œuvre absolu! Mais il existe deux faces B pour ce single, l'une fait partie des grandes rareté de cet univers de la Northern Soul, comme ce "Sugar Ain't Sweet" avec le prix qui va avec... Quand à l'autre face B, la plus courante, il s'agit de l'impressionnant "Why Girl" que j'apprécie tout particulièrement pour son énergie et son petit riff de guitare en introduction. C'est sûrement mon single préféré de ce groupe, deux faces superbes et très différentes. D'autant plus qu'il est très facile de se procurer un exemplaire en pressage original pour très peu cher, que demandez de plus?

Le troisième single, leur plus connu parmi les aficionados des All Nighters, "If This Is Love (I'd Rather Be Lonely)" restera leur morceau d'anthologie, très populaire au club légendaire The Wigan Casino. Ce morceau a été produit et écrit par Martin Coleman, Charles Bassoline & Michael Valvano (In-The Pocket production). On retrouve toute la magie des productions de Detroit, une orchestration subtile et raffinée avec des percussions et de bien belles harmonies vocales dont ce groupe maîtrise à la perfection. En invité, Lou Ragland joue de la tambourine. Un grand classique dont on ne se lassera jamais, un des chef d'œuvre de Mike Terry comme arrangeur. A noter qu'il existe une version plus tardive de Eddie Spencer qui est tout aussi intéressante.


Leur Quatrième single "Instant Heartbreak (Just add Tears)"/"Dream Girl" est toujours aussi intéressant et sophistiqué, doté d'arrangements et d'une structure très marquée du style de Detroit, deux faces solides de Soul, quoi que peut-être moins percutante à la première écoute que leurs singles précédent.

Quand au cinquième et dernier disque du groupe, pour le label Drew, qui en enregistrera encore deux autres pour Atco, la division de Atlantic, avant de splitté, est un petit bijou appelé "A Place", un titre absolument délicieux et incontournable. Le chant et les chœurs sont sûrement à leur apogée, dans ce morceau dont on aimerait qu'ils ne s'arrêtent jamais. Un bien joli parcours pour ce groupe connu des amateurs de Northern Soul et malheureusement inconnu du grand public. Un disque qui n'a bien sur absolument aucune valeur.

Le label de réédition Joe Boy spécialisé dans les morceaux unissued, leur rend hommage en 2009, avec une bien jolie compilation en format Cd' regroupant tout ces titres avec des inédits en bonus et les raretés, ils ont également sorti en vinyles, deux EP' reproduisant le label Drew à l'identique incluant le fameux "Sugar Ain't Sweet", la première version avec le chanteur original en lead vocal Paul Merrit sur "Such Misery"et surtout deux morceau inédits "I Do Don't You" et "Baby You're Mine" chanté par Lou Ragland, de quoi largement intéresser et ravir les collectionneurs. Ces EP' existent aussi en Picture Sleeve. Du très beau travail! Mais attention pressage limité.

Par Early Sounds


PS: Je n'ai pas mis en écoute "If This Is Love" et "Such Misery", mais vous trouverez très facilement des écoutes sur youtube pour ces morceaux fondamentaux et incontournables



dimanche 5 décembre 2010

French Soul : Vigon "Popcorn popcorn" & "Harlem Suffle"

Lorsque l'on évoque les sixties en France on pense au Rock'n'roll et aux Yéyés. En effet, menés par Claude François, Johnny Hallyday ou encore Sylvie Vartan, bon nombre d'artistes français de l'époque ont ré-interprétée (en français) les standards rock'n'roll mais aussi ceux de la Motown, d'Otis Reddins et autres chanteurs de la scènes soul et Rhythm & Blues américaine.
Vigon, artiste méconnu aujourd'hui, est proche de cette scène mais il reste néanmoins un ovni, un chanteur très singulier. En effet ce jeune marocain chante en anglais et est une vrai bête de scène digne d'un James Brown. D'ailleurs dans les années 60, on le prenait pour un afro-américain.

Abdelghafour Mohcine plus connu sous le nom de Vigon a passé son enfance au Maroc où il découvre le Rhythm & Blues dans les bases américaines de son pays.
Agé de 19 ans, Vigon débarque en France en septembre 1964. Quelques mois après son arrivée en France, il va la rencontre d'Henri Leproux (Fondateur du célèbre Golf Drouot) et lui demande de chanter dans son club. Le 22 novembre 1964, Vigon est sur la scène du Golf Drouot, et remporte un vif succès auprès du public présent ce soir là. Une semaine plus tard, accompagné des Murators (Groupe où l'on retrouve au piano Alain Chamfort), il interprète sans avoir répété avec le groupe, des classiques américains ("tutti frutti" par exemple) et remporte un tremplin au Golf Drouot.



En 1965, accompagné par Les Lemons (avec Michel Jonasz à l'orgue), il s'illustre par son charisme et sa prestance sur scène en reprenant les succès de ses idoles : "Shotgun" de Junior Walker, "Respect" d'Otis Redding ou encore "Papa got a brand new bag" de James Brown.

En 65 il fait la première partie de Bo Diddley, en 66 celle d'Otis Redding à l'Oympia avant que son groupe Les Lemons ne se sépare.
Par la suite il continue sa carrière en solo et enchaine les premières parties avec Les Whos, Stevie Wonder, les Rolling Stones, Wilson Pickett ou encore Sam & Dave, pour ne citer qu'eux.

Du Côté de sa discographie, il sort jusqu'en 72, un bon nombre de 45 tours, quasiment exclusivement en anglais (hormis le titre un petit ange noir adaptation du "Hold on what you've got" de Joe Tex et Al Houb El Kebir adaptation en arabe de "Only a fool"). Ce sont des reprises de standards de la musique noire américaine dont le "Harlem Suffle" de Bob & Earl qui fut son plus grand succès grâce à son Scopitone.
A noter en 1968 la sortie de l'Ep "It's all over" sur le prestigieux label américain Atlantic.
En 1972, le label Barclay sort un Greatest Hits du chanteur, compilant ainsi tous les titres (ou presque) que Vigon a sortie depuis 1965.
En 1978, après avoir écumé les scènes de France et d'Europe, Vigon retourne au Maroc où il se produit jusqu'en 1997 au Tan tan Club d'Agadir.

Récemment Vigon est revenu en France, Il se produit régulièrement à Paris et fait quelques concerts en Province.

A noter, pour les diggers, qu'en 2008 le 45 tours Popcorn Popcorn sorti en 1970 a été réédité c'est un morceau dense musicalement avec un break de batterie phénoménal en début de morceaux, un ligne de basse puissante, et des riffs de guitares dans tous les sens, et surtout la voix rocailleuse et puissante de Vigon; un petit bijou de la Soul française. Le Lp "The End of Vigon", une compilation de quelques uns de ces titres, est également disponible chez Barclay. On y retrouve le "Harlem Suffle" dont voici le Scopitone.

Par Deejay Ango




samedi 27 novembre 2010

Northern Soul: Major Lance "Please Don't Say No More"



Le Major Lance figure parmi les grandes icônes de la scène Northern Soul Outre -Manche, c'est un chanteur originaire du Mississipi qui a fait sa carrière dans la ville de Chicago et qui à obtenu de nombreux hits 60's en son temps, dont les plus connus ont été "Um,Um,Um,Um,Um,Um" et "The Monkey Time", sortit sur le prestigieux label de Blues que fût Okeh, datant de 1918.

Ce chanteur serait rapidement retombé dans l'oubli s'il n'était pas devenu populaire sur cette scène grandissante que fût la Northern Soul au début des 70's, avec des morceaux cultes et des concerts légendaires qui ont marqué toutes une génération de All Nighters à l'époque du club mythique de la ville de Stoke On Trent que fût le Golden Torch. Dans sa discographie, c'est essentiellement ses non-hits devenus des mégas classiques Northern Soul que l'on retiendra comme le légendaire et définitif "You Don't Want Me No More" devenu rare et onéreux, son morceau le plus culte. On peut citer aussi "Ain't No Soul (In These Old Shoes)", également "Everybody Love Good Time" ou encore le terrifiant "Investigate". Pour ma part j'aime beaucoup "Too Hot Too Hold" un de ses titres qui retiendra mon attention et qui restera une de mes chansons préférées du chanteur.

Ce que l'on peut dire d'autres d'intéressant sur ce chanteur populaire, figure de proue du label de Chicago, c'est qu'il a été produit par une autre grande figure de la Soul qui fût aussi un tout grand producteur, il s'agit du légendaire Curtis Mayfield. Ce sera dès 1962, comme première collaboration, avec un premier single appelé "Delilah" qui fût un bide absolu, mais qui de nos jour est un disque devenu rare et très recherché par les amateurs de sonorité dites Popcorn. Les productions de Curtis Mayfield ont souvent été réalisée en collaboration avec Carl Davis et les arrangements exceptionnels sont de Johnny Pate, qui ont à quelques part marqué et défini le style de Chicago par des influences Latines dans la rythmiques et l'utilisation de deux trombones et un saxophone baryton (Cliff Davis, le frère de Carl Davis) pour la section cuivre, un style novateur en son temps et un son unique. Les musiciens de ces productions étaient Billy Butler, le frère de Jerry à la guitare, on peut citer aussi Maurice White à la batterie qui sera à l'origine de la formation 70's Earth, Wind & Fire. Les choeurs ont souvent été réalisé par le groupe The Impressions.

Parmi les singles de cette époques, en ce début des 60's, autres que les chansons d'amour, on trouve à profusion des chansons basées sur le thème de la festivité, comme chez le Major Lance, tel que "The Monkey Time", "The Beat" et surtout "The Rhythm" qui fait l'objet de cette chronique, un titre de 1964 dans le prolongement de ses succès, mais ce sera surtout sa face B. que je trouve particulièrement intéressante. Il s'agit de "Please Don't Say No More", un morceau tout en mid tempo et en finesse, remarquablement bien chanté, avec des chœurs magnifiques et une très belles instrumentations dans ce fameux style de Chicago. Un bien joli disque que l'on peut se procurer aisément et pour les collectionneurs, il existe aussi en picture sleeve.

Par Early Sounds





jeudi 25 novembre 2010

World Music: Orchestre Regional de Mopti "les meilleurs souvenirs de la première biennale artistique et culturelle de la jeunesse (1970)"

Le Mali, fait parti de ces terres musicales! C'est un immense territoire de plus d'un millions et demi de kilomètres carrés. Il est peuplé de Touareg, de Peuls et de Dogon. Bamako est la capitale de cet état peuplé par neufs millions d'habitants.

Salif Keita, originaire de Bamako, est un des ambassadeurs de la musique Malienne, le disque dont je vais vous parler nous vient d'une autre cité appelée Mopti.
Cette ville fût prospère grâce a ses nombreux commerçant, c'est la Venise du Mali. Située sur les rives du fleuves Niger elle est a peut près au centre du pays, au carrefour des cultures Peuls et Dogon.

En 1970, pour fêter la première biennale artistique de la jeunesse un musicien nommé Sorry Bamba et son orchestre décide d'enregistrer un album en live! Puis il tombe dans les oubliettes, c'est le label américain Mississippi Records qui décide en 2010 de rééditer ce merveilleux disque teinté de sublimes couleurs. La pochette nous présente les treize musiciens de l'orchestre à bord d'une embarcation flottante sur le fleuve Niger, avec en arrière plan la ville de Mopti.

Dès le premier titre on part en voyage a travers la culture nomade des Peuls, "Bora" est un morceau vocal, comme sur beaucoup de disques de musiques Africaine, la musique de Bora nous entraîne à travers une transe acoustique! "Récital", le deuxième morceau, commence par des notes d'une section de cuivres, vient ensuite le son d'une guitare Blues, qui se pose derrière un doux rythme de percussions, la voix est toujours présente, cette fois-ci en français pour nous proposer une récitation sur la spiritualité, c'est sublime. Suit le morceau "Maden Po", beaucoup plus festif, mais sans pour autant tombé dans l'Afro Beat, comme tout le disque d'ailleurs, où la tradition musicale Malienne est préservée. La première face du disque se termine avec "An Jigi Ye Mali Ye" qui est très beau, encore une fois très planant et est emprunt de douceur. "Ferro", cinquième piste de l'album, est un titre très riche en percussions et en cuivres, il est construit comme un morceau de danse enivrante, il est progressif et plein de douce saveur. "Sènè" nous emmène de nouveau vers cette ambiance festive, caractéristique du Mali, la guitare est toujours très présente! tiens-donc! comme si les africains étaient à l'origine du Blues? autre caractéristique les cuivres qui sont toujours là pour amener du dynamisme. "Taara" vient conclure ce très beau disque, toujours ponctué de douces voix.

Ce disque reste une belle surprise, il véhicule de l'émotion, l'album est homogène, il y a beaucoup de maîtrise de la part de tous les musiciens. Il nous donne vraiment envie d'aller visiter ce très beau pays, le Mali.

Par Mr Carlitos

http://en.wikipedia.org/wiki/Mississippi_Records

mercredi 3 novembre 2010

Electronic Experimental: Jean Jacques Perrey & Luke Vibert "Moog Acide"

Jean Jacques Perrey et Luke Vibert sont deux deux musiciens qui ont la même passion pour la musiques électroniques, malgré les 40 années qui les sépares. Ils ont tout les deux un goût prononcé pour l'expérimentation sonore.

Jean Jaques Perrey est né en France en 1929, il arrête brusquement ses études de médecine pour se consacrer a la musique. Malgré le fait qu'il n'aie suivi aucune formation musicale (il est juste accordéoniste amateur), il découvre un instrument appelé l'Ondioline. Inventé par un français, c'est l'ancêtre des synthétiseurs modernes, c'est en faite une sorte d'orgue électrique fonctionnant avec des tubes à vides, il se produit avec des artistes comme Charles Trenet ou encore Edith Piaf. En 1960 il part s'installer a New York ou il travail essentiellement dans la musiques publicitaire et la composition de "jingles" divers! Il rentre en France au début des années 70', il travail sur la composition de musique thérapeutique. Sa carrière n'a jamais réellement décollée. Pourtant il reste une influence majeure pour un bon nombres d'artistes des années 60' et 70' qui ont commencé a travailler sur les musiques électroniques.

Luke Vibert est un artiste et compositeur de musiques électroniques, sa carrière commence au débuts des années 80'. C'est un touche a tout en terme de styles musicales, il compose aussi bien de L'Acid House que de la Drum 'n' Bass et s'oriente aussi vers L'Abstract Hip Hop. Il a signé sur des labels tel que Warp, Mo'Wax, Ninja Tune, Rephlex. Il reste une artiste très prolifique avec une discographie très impressionnante.

Le projet "Moog Acide" sort en 1997, signé sur le label Lo Recording. Il est né de la collaboration de ces deux musiciens et leur travail sur des synthétiseurs analogiques. Sur ce disque on retrouve notamment des Moog (marques de synthétiseur crée par Robert Moog a partir de 1968), les modèles Mini Moog, Moog Poly, le fameux Moog Voyageur et le Moog MG-1. On retrouve bien sure un Ondioline ainsi q'un Prophet T8 et EMS Vocoder 1000. Autre Luke Vibert et Jean Jacques Perrey on retrouve d'autres musiciens sur se projet comme Jon Tye au synthétiseur mais aussi a la basse et au piano. Un autre claviériste, Jeremy leahy, deux percussionnistes, Patrick Dawes et Preston Heyman, un trompettiste, Andy Diagram et un joueur de sitar nommé Bishi.

Le premier titre de l'album, intitulé "Intro" est assez drôle, on peut entendre les voix de Jean Jacques Perrey et de Luke Vibert qui se superpose pour nous présenté le disques, le ton est donné ensuite avec les première note de synthétiseur, le son résolument vintage. "Schwing" est un morceau Downtempo, la rythmique est composée probablement par une boîte a rythme Roland Tr-909, qui sonne très "Old School" a travers la partie mélodique on perçoit toute la puissance développée par les moteurs de synthèse de Moog, on peut entendre une basse Acid qui vient nous chatouiller les oreilles. "Analogue Generique" est peut être le morceaux danceflloor de l'album, le tempo est très accrocheur et surtout le Clap qui apporte un certain dynamisme a ce titre. Le quatrième titre de l'album, "Dream 106", est un savoureux mélange d' Acid House de Sitar apportant une touche orientale et la voie de Jean Jaques Perrey qui se pose pour nous emmener au pays des rêves! La véritable curiosité de "Moog Acide" réside dans cette reprise d'un thème cher à nôtre enfance: "Frère Jaques"! Il fallait oser! est un pari qui est réussi, une berceuse vocale transformée en douce liqueur électronique, chapeaux messieurs. "JJPLVDNB", se pose comme un titre Drum'n'Bass, mais une fois encore la sonorité choisi reste Vintage et ne tombe pas dans la musique de teufeurs. Le Hip Hop est a l'honneur aussi avec le titre "Ye Olde Beatbox", un beat accrocheur, du vocoder on est pas loin des productions de Dj Shadow. "Vision For The Futur" nous emmène dans des terres plus philosophique où la création musicale est associée à l'évolution! quelle belle idée développée. "Messy Hope" est un titre de pur Abstract Hip Hop, c'est vrai que les deux compères n'inventent rien mais ils ré-imaginent leur vision de la musique électronique avec beaucoup de talent. D'ailleurs le titre "White Knight" apparait comme un clin d'oeil au label Warp tant ce morceau est rempli d'une certaine folie mélodique. Pour finaliser le disque "You Moog Me" fait redescendre l'ambiance à travers de belle nappes de synthétiseur bien Deep.

Que dire en conclusion? Encore un disque indispensable à condition de se donner la peine de le chercher. "Moog Acide" est une véritable synthèse sur la "Musique Électronique" revisitée à la sauce Vintage! encore une fois bravo! messieurs Perrey & Vibert.

Par, Mr Carlitos.


http://www.lorecordings.com/#

mardi 2 novembre 2010

Northern Soul: Timi Yuro "The Little Girl With The Big Voice"



Timi Yuro, née Rosemary Thimoty Yuro en 1940 et décédée en 2004, est une chanteuse Italo Américaine des 60's qui a débuté sa carrière dans les clubs et restaurants italiens de la ville de Chicago, inspirée par des chanteuses de Jazz tel que Dinah Washington ou encore Mildred Bailey et bien d'autres, qu'elle aura souvent l'occasion de voir durant sa jeunesse, passée dans les clubs de la ville, tant cette ville était prolifique dans les années 50' en matières de Blues ou de Jazz. Puis ce sera essentiellement à Los Angeles qu'elle fera sa carrière et enregistrera principalement pour le labels Liberty, puis plus tardivement elle retournera à Chicago pour signer avec le label Mercury.

Cette diva de Soul blanche que l'on peut classifié parmi l'étiquette Blue Eyed Soul pour être plus précis, avec cette voix classe élégante et sur puissante que l'on prendrait presque pour une chanteuse noire ou voir masculine à la première écoute. Mais lorsqu'on l'a déjà entendu, on l'a reconnaît immédiatement, d'où d'ailleurs provient son surnom "the little girl with the big voice".

Elle aura une carrière relative, mais qui pourtant commença immédiatement à l' âge de vingt ans, avec un hit majeur: il s'agit d'une ballade R'n'B appelée "Hurt", qui fût à l'origine une chanson et un hit de 1954 de Roy Hamilton, qui séduisit instantanément le producteur Otis Clyde lors d'une audition. Ce producteur lancera sa carrière à ses débuts en 1961, mais elle n'obtiendra jamais plus le même succès escompté, même si d'autres titres auront une place honorable dans les charts R'n'B et Pop au Billboard. Ils seront néanmoins bien plus aboutis et intéressants, comme par exemple le remarquable et émouvant "What's A Matter Baby", une très belle performance vocale, crédité à Otis Clyde sur le single, mais qui en fait fût produit par l'illustre Phill Spector dont on reconnaît aisément la signature, notamment sur les arrangements des cordes et l'utilisation de réverbes sur des rythmiques insistantes, une de ses marques de fabriques.

Ensuite, durant ces années 60' On peut noter une tournée Australienne aux côté de Frank Sinatra et beaucoup d'apparitions lors de Show télévisé tel que The Ed Sulivan Show pour le plus connu, où son répertoire de l'époque était principalement composé de reprises de standard Blues comme "I'm Movin On", "Down In The Valley" et de titre Country dont un album était sorti, ou encore de chansons populaires américaines comme "Smile" et "I Apologize", qui au final ne laisseront guère de traces, mis à part pour les fans de sa carrières intégrales.

Parmi les titres que je trouve remarquables, qui ont été enregistré pour le label Liberty, produit par Ed Silver et arrangé par le célèbre Bert Keyes "Insult To Injury" en fait sûrement partie, un titre subtil, complexe et exotic de 1963, un morceau tout en mid tempo tout en finesse et d'une bien belle atmosphère, qui en est le parfait exemple. Il y a également "I Ain't Gonna Cry No More" toujours avec cette même production, que je trouve exceptionnel aussi et qui est par contre beaucoup plus énergique que son précédent.

Quand à ses singles réalisés pour le label Mercury comme "Can't Stop Running Away" qui à l'origine était sorti en face B. De "Get Out Of My Life" qui fût un échec commercial absolu, se trouve être un fantastique Beat Ballad envoûtant, le genre de morceau qui vous emporte par son refrain à travers son atmosphère et ses montées puissantes. Arrangé par Teddy Randazzo et toujours en collaboration avec ce dernier, "Big Mistake" chanté également par les Royalettes, produite également par ce dernier, se trouve être une excellente adaptation très personnelle et intéressante. Tous ces singles sont faciles à se procurer pour des prix largement abordables.

Ce n'est que tardivement qu'elle deviendra populaire et restera à jamais dans l'histoire de la Soul musique pour devenir une icône Northern Soul de la scène Anglaise et de la scène Popcorn en Belgique avec le splendide "It'll Never Be Over For Me", un titre somptueux et légendaire, malheureusement devenu inaccessible de nos jours, car ce single est le plus rare et le plus coûteux de sa discographie en original. Comptez à peu près 800 livres sterlings pour ce disque qui n'existe uniquement en pressage UK et qui est toujours in demand. Mais des rééditions existent pour ce morceau et il apparaît également dans de nombreuses compilations.

A noter qu'un CD' intitulé: Timi Yuro "The Lost Voice Of Soul" regroupe tous ses titres les plus intéressants.

Par Early Sound